Repousser ses limites

L'entrainement des pilotes

Les exercices de contraction musculaire anti-G et de respiration
  • Contraction musculaire
Afin de supporter plus de G, les pilotes sont amenés à exercer des contractions musculaires avant le vol pour s’entraîner mais également en plein vol.
Ils commencent par simplement contracter les muscles du bas-ventre et des jambes, ce qui augmente de manière significative leur pression sanguine ainsi que leur pouls par la même occasion.

  • Respiration
La méthode consiste à inspirer un peu avant de "tirer des G", puis bloquer la respiration pendant environ 3 secondes avant de respirer de manière explosive dans un laps de temps le plus court possible avant de recommencer le cycle. 

  • La centrifugeuse humaine

Les avions modernes sont capables de fournir de fortes accélérations et des variations très brusques d'accélération qui provoquent la diminution de la pression sanguine dans le cerveau, ce qui peut entraîner des troubles de vision parfois accompagnés de perte de connaissance momentanée du pilote.
Pour prévenir ces pertes de connaissance, pour sauver à la fois l'avion et le pilote, il est nécessaire d'entraîner les pilotes de chasse dans des centrifugeuses qui recréent artificiellement ces accélérations élevées avec des mouvements de rotation.
Pour aider les pilotes à supporter les fortes accélérations, un entraînement à terre en centrifugeuse est efficace, moins coûteux qu'un entraînement en vol et plus sûr.
Les centrifugeuses sont des appareils développés depuis les années 50. Ils n’ont cessé d’évoluer et d’assurer un meilleur entraînement aux pilotes avec la sans cesse modernisation et le repoussement des limites des avions.
Cet appareil exerce sur le pilote l’effet centrifuge auquel il est sujet lors d’un vol à haute vitesse.
Il effectue des rotations à 360° successivement et de plus en plus vite afin de simuler les virages accélérés et la vitesse flamboyante des avions de chasse.



Les équipements anti G

Dans un avion de chasse moderne, le maillon faible est le pilote. Son organisme n’est pas fait pour supporter les accélérations et les virages dont la machine est capable.
Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale et l’apparition du moteur à réaction, il ne suffit plus d’avoir l’estomac bien accroché pour piloter un avion de chasse.
Lors d’un virage serré à grande vitesse, le pilote est littéralement écrasé sur son siège par une force qui peut atteindre dix fois son propre poids. On parle alors de 10 G.
Les effets sont ravageurs. Les organes internes se déplacent de 15 centimètres, la respiration n’est possible qu’avec un masque à air comprimé et le sang s’accumule dans les membres.
Le cerveau est alors privé de l’oxygénation que lui apporte une circulation normale. Les conséquences peuvent rapidement être fatales. Le pilote ne voit plus qu’en noir et blanc, son champ de vision rétrécit et il finit par s’évanouir.
Ce fameux «voile noir» s’accompagne également de douleurs terribles dans les bras et dans les jambes.
Pour protéger les pilotes de chasse, des chercheurs suisses et allemands ont ainsi développé une nouvelle combinaison à eau et un masque à oxygène multifonction.

Deux types de combinaisons Anti G
  • La combinaison à air comprimé
Ce type de combinaison a vu le jour durant les années 50.
Pour éviter l’apport faible en sang au cerveau lors de virages serrés, des coussins d’air étaient placés dans la combinaison au niveau des jambes.
Ces derniers se gonflaient afin de renvoyer le sang vers le haut du corps. Ainsi le pilote n’est jamais confronté à un manque d’apport de sang.
Seulement, avec la modernisation des avions de chasse et leurs performances accrues, cette combinaison est vite devenue inutilisable car inefficace. Une nouvelle combinaison fut alors inventée en s’inspirant des caractéristiques d’un animal aux capacités hors norme. 


  •  La combinaison à eau
Dès les années 30, des médecins allemands avaient remarqué qu’un corps immergé dans l’eau échappe aux problèmes de circulation sanguine dus à l’accélération.
Le principe de fonctionnement des combinaisons modernes développées entre autres en Allemagne sous l'appellation « Libelle » (« libellule » en allemand) est calqué sur un phénomène observé en particulier chez ces insectes dont le vol très saccadé fait subir au corps des accélérations pouvant aller jusqu'à 30 G.
Les chercheurs découvrirent que la libellule devait sa capacité à subir autant de G  au fait que l’intérieur de son corps est constitué de tubes remplies de sang.
En 1987, Andreas Reinhard, alors pilote des Forces aériennes suisses, est le premier à avoir l’idée de s’inspirer directement du formidable système de protection anti-gravité de la libellule.
Il commence par tailler dans une bâche de protection pour piscine une combinaison qu’il remplit de 28 litres de liquide. L’ensemble est pesant et tellement peu pratique que le pilote a besoin d’assistants pour l’aider à monter dans son cockpit. 
Au fil des années, cette combinaison a été améliorée et considérablement allégée pour faciliter la mobilité des pilotes dans le cockpit.

  • Le masque à oxygène

Le masque à oxygène a plusieurs utilités :
  • Protège des chocs pouvant survenir pendant le vol ou en cas d’éjection.
  • Protège de l’éblouissement en éliminant les rayons ultra-violet (écran teinté).
  • Protège du souffle atmosphérique transitoire en cas d’éjection.
  • Permet la mise en place de l’équipement radio-électroacoustique.
  • Sert au pilote pour sa concentration maximale pendant des phases critiques telles que le décollage, l’atterrissage, les combats …